Visio or not visio ?

Dernière mise à jour : 28 janv.

ou la petite histoire des séances de sophrologie en ligne


Durant un des confinements, j’ai partagé une publication sur Facebook que j’ai bien aimé, avec cette petite phrase humoristique « Ils quittent le musée, ils n’en peuvent plus de ne voir personne ! » Moi, j’ai pensé plutôt « Ah eux-aussi, ils s’adaptent ! » et cela m’a donné l’idée de cet article, qui est resté dans mes brouillons jusqu'à ce jour...


La crise sanitaire a demandé une adaptation hors norme : s’adapter, sortir de sa zone de confort, faire preuve de créativité pour pouvoir continuer à vivre, à voir sa famille, à côtoyer ses amis et même pour certains, pour pouvoir travailler. Avec le premier confinement, les apéros-visio sont nés, le télétravail a été généralisé, les formations sont maintenant majoritairement en ligne, les outils collaboratifs et les plateformes de réunions à distance sont devenus hyper performants en un temps record. Par la force des choses, tout le monde se met au net (même mon père à 75 ans, a créé son compte WhatsApp pour pouvoir rester en contact avec nous… pour vous dire !).


Pour le petit monde de la sophrologie, cela a été un peu plus compliqué… le tournant du numérique a été plus ou moins apprécié. Sur les réseaux sociaux, j’ai vu des débats entre sophrologues sur l’éthique d’une séance de sophrologie en ligne. Pour les uns, c’est une aberration irrespectueuse envers notre métier, un manque d’éthique professionnelle visant juste à VENDRE !!! Pour les autres, c’est une adaptation de notre profession face aux contraintes de la crise sanitaire et un manque d’éthique professionnelle de ne pas accepter d’accompagner des personnes dans la situation actuelle.


Je ne rentrerai pas dans ces débats car chacun a son point de vue que je respecte. Dans le Jaïnisme, il est expliqué que la vérité peut être affirmée de sept façons différentes. Cette religion enseigne à être tolérant envers les autres concernant leurs points de vue et ceci permet de vivre en harmonie avec les gens qui pensent différemment de nous. Sage religion, n’est ce pas ?


A travers ce billet, je souhaite juste vous expliquer pourquoi je propose des séances en ligne, sans aucun problème de conscience vis-à-vis de la déontologie. L'Adaptabilité est un des principes fondamentaux de la sophrologie. « Toutes les techniques et théories qui composent la méthode Caycedo doivent s’adapter à la réalité des patients ou élèves qui la pratiquent et non l’inverse ». Chaque pratique, chaque protocole doit être adapté en fonction des besoins de la personne que l’on accompagne. Ce principe demande de notre part de la créativité face aux situations nouvelles, mais aussi une attitude positive face aux nécessités du changement. « Le sophrologue doit accepter de modifier ses habitudes de travail avec souplesse »[1]


Adolescente, au grand dam de mes parents lorsqu’ils recevaient les factures de téléphone, je pouvais rester des heures avec mes amies à discuter. Qui n’a pas fait ça ? N’aviez vous pas l’impression de passer l’après midi avec votre copine ? Plus tard, les réseaux sociaux sont arrivés. Mes fils habitent loin de moi, nous utilisons souvent la vidéo pour discuter. La technologie, c’est tout de même génial, je peux les voir cuisiner, dessiner, voir leur nouvel appartement, leur nouvelle déco etc. Dans ces moments, j’ai l’impression de les avoir près de moi, de vivre avec eux. Tout ceci pour vous dire que j’ai un rapport très facile avec les échanges à distance. Dès que je suis en contact avec la personne par téléphone, je suis entièrement en contact avec elle, le lien se fait immédiatement. Avec la vidéo, c’est encore plus facile, il n’y a peu de différences avec un contact en vis-à-vis…. Bon, pour mes fils, c’est différent car j’aimerais bien pouvoir leur faire des bisous et des câlins, quand même !


Mais pour une séance de sophrologie en ligne, il n’y a aucun contact physique dans la méthode, donc où serait le problème de le faire par écrans interposés, si les deux personnes ont le même rapport avec les écrans et les échanges en ligne ?


Certains disent l’alliance ne se fait pas ! Que nenni, si elle doit se faire, elle se fera ! D’ailleurs, même en présentiel, elle ne se fait pas toujours entre le sophronisé et le sophrologue et c’est là qu’il doit y avoir un respect de l’éthique professionnelle pour pouvoir orienter la personne vers un autre collègue. D’autres pensent que c’est dangereux, voire inconscient de proposer de telles prestations car les personnes peuvent faire des malaises ou mal réagir à une pratique. Il y a effectivement des précautions à prendre en amont : connaître l’adresse de la personne, savoir si elle vit seule, prendre les coordonnées des personnes à prévenir en urgence. Rien de bien différent avec une séance en cabinet, non ? Et puis, il me semble que le 18 existe dans toutes les villes de France….


Quoiqu’il en soit, les séances de sophrologie en ligne, c’est une affaire intuitu personae. Il faut que les deux personnes concernées soient sur « la même longueur d’onde » et la connexion se fait naturellement. Dés que nous échangeons avec une personne, nos cerveaux se synchronisent et le cerveau se moque totalement que ce soit un échange de visu ou par internet. Les problèmes de connexion sont plus souvent liés à Orange qu’aux modalités de la séance dans ce cas précis. Et c’est là que réside la majeure difficulté, il faut avoir une bonne connexion internet. Principe de réalité, une pratique « hachée » ou interrompue par une mauvaise connexion, c’est pas possible !


Alors, visio or not visio ? J’habite dans un petit village du Sud de la France, Colombières-sur-orb. Village que toute la France connait maintenant avec le décès de Jean-Claude Carrière, qui repose désormais dans son village natal. Ici, nous avons la quiétude d’un village du Sud, la nature à perte de vue, le Caroux pour les randonnées, mais pas d’entreprises… et une de mes spécialités est la sophrologie en Entreprise ! Le choix fut vite faite entre un déménagement dans une grande ville ou rester dans ma campagne, la conciliation vie privée/vie professionnelle, c’est aussi cela, mais elle peut nécessiter de l’adaptation et de la créativité.


Comme beaucoup, je me suis adaptée et je ne le regrette pas ; j’ai accompagné plusieurs personnes en ligne, je donne des cours à des élèves en ligne en tant que formatrice, alors pour moi, ce sera VISIO FOREVER ! (pointe d’humour bien sûr par rapport au titre de mon article, puisque j’accompagne aussi des personnes en cabinet)


[1] Sophrologie, Fondements et méthodologie – Tome 1 – Dr Patrick-André Chéné

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