Le LACHER PRISE et la dernière écharpe

Jusqu'où irez vous avant de lâcher prise ?


Parfois nous sommes tellement pris dans les habitudes que nous ne nous rendons plus compte que celles-ci ne nous rendent pas heureux et qu’elles nous empêchent de faire ce qui aurait vraiment du sens pour nous. Ou bien nous nous réfugions dans des activités qui sont des exutoires : n’avez-vous pas des connaissances qui passent leur journée à faire du tricot sans relâche ou à faire des footings toute la semaine alors que le corps leur dit d’arrêter ?


Il suffit parfois d’une prise de conscience, juste de décider de couper le fil… de lâcher prise !


"The Last Knit" de Laura Neuvonen - Studio Anima Vitae.




« Lâche prise » est devenu synonyme de « Calme-toi » ou « Sois zen » ou encore, « Déstresse, relaxe toi ». Dans le langage courant, le terme lâcher prise est utilisé dans le sens de se relaxer ou de laisser tomber une action qui nous prend la tête.


Mais, est ce vraiment cela le lâcher prise ?


Lâche prise ! J’ai souvent entendu ceci dans le monde de l’entreprise… Surprenant… Antinomique… comme ce mot revient souvent dans les conversations du monde où performance et organisation est le plus présent !

Lâcher prise selon Le Larousse, c’est un « Moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise ». Il y a deux mots intéressants dans cette définition : libération et maîtrise. Relaxer, signifie libérer, se libérer d’un désir de tout maîtriser…


Lâcher prise, du côté des traditions orientales, signifie davantage « s’abandonner » ou « rendre les armes ». On retrouve cette philosophie dans les arts martiaux, on n’attaque pas de front, on se sert de la puissance de l’ennemi.


Lâcher prise, c’est le contraire de l’inaction….


Là, je suis peut être en train de vous perdre ?

Non ? Alors je continue !



Lâcher prise, c’est d’abord revenir à soi, revenir à sa présence, présence physique et présence mentale. C’est faire une pause ou prendre du recul. Lorsque j’explique ceci avec les sportifs, je prends l’exemple de Thomas MUSTER et de son quart de finale du tournoi de tennis d’Estoril en 1996. A la fin du match, une décision de l’arbitre le met en contact avec un sentiment d’agacement, de frustration et de révolte intérieur, il doit servir à nouveau pour gagner son match. Et alors, il fait un pas en arrière.. il prend du recul et sert pour gagner son match. Prendre du recul, c’est neutraliser la charge émotionnelle liée à une situation, ne pas rester la tête dans le guidon. Je prends de la distance vis-à-vis des évènements pour pouvoir réévaluer et peut être relativiser la situation… Pour cela, on revient tout simplement à soi, à sa présence.


Lâcher prise, c’est un peu comme faire le lotus. Le lotus, cette fleur au sommet d’une tige qui est ballotée par les courants d’eau dont les racines restent profondément ancrées et enracinées dans les profondeurs d’un bassin.

Lâcher prise, c’est ne pas résister. « Tout ce à quoi on résiste, persiste et tout ce qu’on embrasse, s’efface » Carl Gustav Jung


Lâcher prise, c’est accepter ce que l’on ne peut pas changer. Un petit exemple : Vous avez un rendez vous professionnel très important, mais vous êtes coincés dans les embouteillages et vous allez être en retard… 2 manières de réagir : vous vous énervez, vous paniquez, donc vous stressez. Ou bien, vous lâchez prise en acceptant la situation telle qu’elle est et vous téléphonez pour prévenir de votre retard ou reporter votre rendez vous. C’est aussi simple que ça… quoiqu’il en soit, vous ne pourrez pas changer le fait que vous serez en retard à ce rendez vous…


Lâcher prise, c’est en finir avec ses conditionnements du style « quand on veut, on peut ». Nous ne pouvons pas tout maîtriser ou tout contrôler. Nous devons accepter que nous avons parfois besoin d’aide, nous devons accepter que le résultat de nos actions ne dépendent pas toujours de nous et que les autres ont leur propre chemin à suivre. Nous devons accepter de lâcher notre besoin de toute puissance et aussi, qu’avoir peur pour les autres ne changera en rien leur situation, alors autant prendre le temps de les aimer et les entourer de mieux que nous pouvons.


Lâcher prise, c’est un peu comme si nous décidions de cesser de tricoter une immense écharpe…




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